Rencontres

[Auteur] Jean WEBER

jeanweber-208e8

Tout d’abord, avant de vous livrer le contenu de cette « rencontre », je tenais à remercier Jean WEBER de s’être prêté au jeu, d’avoir répondu à mes questions et de s’y bien me conseiller lorsque, perdue, j’erre dans le monde inconnu de l’édition.

Pour cet exercice, j’ai choisi une série de questions, après avoir lu son roman « Le complot de Bidache« , ce qui m’a permis de mieux cerner l’auteur et son travail.

Voici la teneur de cette rencontre…

Vous avez un parcours journalistique assez impressionnant, cette expérience professionnelle vous a-t-elle aidée à faire murir ce projet de premier roman, « Le complot de Bidache »?

J.W: J’ai longtemps pensé que mon activité de journaliste renforçait mon désir d’écrire tout en le dénaturant, en le détournant vers l’utilitaire. L’écriture au quotidien. Pour gagner sa vie. Un style d’écriture très contraint (surtout en agence de presse) pour lequel l’implication personnelle est strictement limitée. Longtemps, j’ai ressenti de la frustration. Puis quelque chose s’est mis en marche. A Bidache, le village de ma mère où je suis venu vivre. Ce à quoi je rêvais plus ou moins depuis l’adolescence et que je sacralisais – écrire de la fiction, faire vivre des personnages et raconter une histoire – est devenu possible. Je ne sais pas pourquoi, ni comment. En passant à l’acte, je me suis rendu compte que l’expérience professionnelle accumulée était un trésor dans lequel je pouvais puiser de plein droit. J’ai pris confiance…

Votre roman est empreint de nombreux détails, et si le cardinal Mazarin est un personnage essentiel, j’ai eu cette impression en vous lisant, qu’il n’était pas le seul. Chaque intervenant revêt son importance notamment les « simples gens » comme la dame de compagnie Christine d’Abadie, les lavandières ou encore le charbonnier Oyhenart du bois de Mixe. Votre roman est-il aussi un moyen de dresser un portrait robot, un état des lieux de la vie bidachote sous le Roi Soleil?

J.W: Il y a peut être de cela. C’est tout à fait inconscient. J’aime les gens. Leurs joies, leurs peines me concernent. Peut être un peu trop. Dans la Souveraineté de Bidache coexistait encore une élite et une foule de petites gens. Je dis « encore » parce que très vite avec Louis XIV l’aristocratie dont les Gramont font éminemment partie vont se retrouver aspirés par la Cour à Versailles et que le lien avec le peuple va s’étirer, se distendre et même se rompre. J’ai voulu saisir ce moment à travers des personnages qui, au fur et à mesure de leur apparition, m’ont dicté l’intrigue qu’ils souhaitaient vivre. Tout s’écoule. Au fond, écrire c’est fixer. C’est s’opposer à l’écoulement universel.

D’où vous est venu le personnage de Jean Dirassen, protagoniste important de ce roman?

J.W: Dirassen, c’est le nom de jeune fille que portait ma mère. Le personnage du chevalier est composite. Il renferme plusieurs personnes réelles et d’autres issues de la fiction. Sa rencontre avec l’histoire est pour partie accidentelle. Il va tenter de se hisser et de se maintenir à la hauteur de l’événement. Atypique, marginal même, Oyhenart va l’aider à devenir lui-même. Christine d’Abadie peut être fera de même… Il n’y a pas de hasard. Il n’y a que des rendez-vous. Parfois nous sommes à l’heure. Jean Dirassen va s’efforcer d’être à l’heure quand le destin va se présenter à lui.

Si vous deviez conseiller un auteur qui s’apprête à écrire un roman historique, que lui diriez vous?

J.W: De lire beaucoup, de tout. Et d’oublier encore plus. J’ai vécu au XVIIe siècle tout le temps que j’ai écrit «  Le complot de Bidache » et une fois terminé il m’a fallu regagner le temps présent ce qui n’a pas été tout à fait facile. Mon conseil ? Etre prêt à voyager loin de chez soi, loin de soi. Puis écrire d’un premier jet en acceptant de se laisser égarer dans les sinuosités de l’intrigue. C’est de là (du premier jet) que provient la matière première riche dans laquelle l’auteur aura par la suite à tailler, couper et recoudre, retoucher enfin.

Enfin ultime question et ceux qui ont lu le roman comprendront: le chat s’appelait-il vraiment Alceste?

J.W: C’est ce qu’il m’a dit mais je crois qu’il se vantait un peu le félin misanthrope qui voyait les hommes tout petits faire des courbettes devant son maître à longueur de journées.

 

Envie d’en savoir plus? N’hésitez pas à vous référer à la page consacrée à l’auteur sur le site de son éditeur, en cliquant ici.

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s